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Épidémie en Inde : une seule réalité mais plusieurs discours

En bref :

Depuis quelques semaines, l’Inde fait face à la vague épidémique la plus meurtrière jamais enregistrée par un pays jusque-là. Si les autorités locales ont longtemps cherché à minimiser la gravité de la situation, les images et les chiffres actuels témoignent d’une réalité peu encourageante. 

Le piège à éviter : les images de catastrophe sanitaire, des chiffres qui s’emballent de jour en jour ainsi que l’implication d’un double-variant peuvent engendrer une vive réaction, par le biais de l’émotion. 

Les faits : 

🧐 Depuis le début du mois de mars, l’Inde est confronté à une flambée de l’épidémie face à laquelle les hôpitaux et les crématorium ne peuvent plus faire face. Des records de contaminations sont battus chaque jour depuis une semaine. 

🧐 Depuis le 22 avril, les nouvelles contaminations quotidiennes ne sont pas repassées sous la barre des 300 000, avec un pic enregistré à 401 993 le 1er mai. 

🧐 Au 2 mai, le bilan officiel, sûrement sous-estimé, était de 215 542 victimes et plus de 19 millions de cas, dont plus de 7 millions au mois d’avril.

🧐 Les hôpitaux doivent surmonter une pénurie de respirateurs et d’oxygène, qui rend la gestion des malades de plus en plus critique. Les État-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou l’Union européenne ont par conséquent décidé de porter assistance à l’Inde, avec l’apport de matériel de production d’oxygène, de respirateurs, mais aussi de composants pour produire des vaccins, des équipements de protection et des tests.

🧐 Les crématorium sont également dépassés devant l’afflux incessant de corps, obligeant les autorités à les brûler sur les parkings. 

🧐  Pour l’épidémiologiste Emmanuel Baron, directeur d’Epicentre à Médecins sans frontières, trois raisons peuvent expliquer cette dégradation : un relâchement de la part des autorités, des rassemblements religieux massifs ces derniers jours et l’émergence d’un variant

🧐 Les décisions du gouvernement indien et de son Premier ministre Narendra Modi contrastent avec cette réalité. Il a par exemple refusé d’interdire le pèlerinage traditionnel de Kumbh Mela, appelant juste les fidèles hindous «à la retenue», par peur de déplaire aux chefs religieux.

🧐 Le Premier ministre conservateur a également refusé l’annulation des 5 scrutins régionaux prévus, notamment dans le Bengale occidental, que tente de conquérir le parti au pouvoir, le BJP (Parti indien du peuple). Narendra Modi s’y est même rendu pour un meeting, sans tenir compte des distanciations physiques ou du port du masque. 

🧐 Comme les États-Unis de Donald Trump ou le Brésil de Jair Bolsonaro, l’Inde de Modi a pris du temps pour se mettre en ordre de marche, en négligeant la gravité de la situation. Début mars, les autorités annonçaient même la fin de l’épidémie dans le pays. Aujourd’hui, des restrictions sont tout de même mises en place, même si cela semble tardif. 

🧐 Plusieurs journalistes alertent sur la validité des chiffres communiqués par le gouvernement de Narendra Modi. Dans certaines régions, le nombre de morts réels pourrait être de 1 à 20 fois supérieurs au nombre communiqué par le gouvernement. 

🧐 Le New York Times a dévoilé que Narendra Modi a également demandé à Facebook, Twitter et Instagram de supprimer des centaines de messages qui critiquaient la gestion de la crise sanitaire par son gouvernement.

🧐 Plusieurs pays européens (Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, Grèce, Italie) ont recensé des cas du variant indien. Si une transmission très accrue est fortement suspectée, rien ne permet encore de savoir s’il entraîne des formes plus graves du coronavirus. 

🧐 L’Inde doit vacciner 600 millions d’adultes sur les 1,3 milliards d’habitants qu’elle compte. Au 2 mai, environ 25 millions d’entre eux étaient totalement vaccinés, soit 11,5%. À titre de comparaison, à cette date, la France avait totalement vacciné 10,25% de sa population. 

📒 On prend note : Prendre connaissance des détails de la gestion de l’épidémie par l’Inde permet de mieux comprendre cette dégradation si brutale, et relativiser sur la probabilité d’un scénario semblable en France.  

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