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Les variants sont-ils tous dangereux ?

En bref :

Depuis le début de l’épidémie, l’une des principales inquiétudes des scientifiques tourne autour de la mutation du SARS-Cov-2. Les mutations sont naturelles pour les virus – ils mutent même en permanence – mais si la plupart sont neutres voire inoffensives, d’autres entraînent des changements de comportement viral qui les rendent plus menaçantes que leur version originale. 

Où est le piège ? Le traitement de la question des variants peut s’avérer anxiogène, alors que tous ne menacent pas la santé de la même manière. Avoir toutes les cartes en main permet de mieux estimer le risque réel. 

Les faits : 

🧐 Le SARS-CoV-2 est un virus qui a comme matériel génétique de l’ARN, comme Ebola ou la grippe. Contrairement aux virus à ADN, les virus à ARN mutent très facilement

🧐 La mutation d’un virus désigne « la modification du matériel génétique de ce virus, qui survient au moment où il se réplique, où il se reproduit.» Lors de sa réplication, le virus réalise des milliers de copies de son matériel génétique et les transmet aux cellules infectées. C’est lors de ce processus qu’ont lieu des erreurs de copie, qui remplacent certaines copies du virus par des mutations. 

🧐 Celles-ci sont le plus souvent bénignes. Si le SARS-CoV-2 crée moins de mutations que d’autres virus à ARN connus, une étude publiée dans Nature le 12 novembre 2020 lui identifie près de 12 706 mutations. Aucune, à cette époque, n’impliquait de transmission accrue du virus.

🧐 Ces changements du génome peuvent également avoir lieu lors d’une recombinaison virale, c’est-à-dire lorsque deux virus de même famille échangent leur matériel génétique (ADN ou ARN) lorsqu’ils infectent la même cellule. Un virus hybride naît, avec un matériel génétique issus des deux virus originaux. Ces recombinaisons sont très courantes chez les coronavirus. Le SARS-CoV-2 serait d’ailleurs lui-même issu d’une recombinaison entre deux coronavirus. 

🧐 Quel rapport avec les variants ? Lorsque plusieurs mutations interviennent sur une même souche virale et qu’elles affectent la réponse immunitaire des cellules infectées, on peut parler de l’apparition d’un variant.  

🧐 Au 21 avril, Santé publique France classait 4 variants comme préoccupants (VOC, Variant of concern) : le variant anglais, le variant sud-africain, le variant brésilien et un autre variant anglais, détecté en janvier 2021. 

🧐 Plusieurs autres variants (comme le variant breton ou le variant indien) sont classés «variant à suivre» (VOI, Variant of interest) et d’autres «variant en cours d’évaluation» (VUM, Variant under monitoring). 

🧐 Que ce soit pour le variant anglais ou sud-africain, les mutations interviennent sur la protéine Spike, qui permet au SARS-CoV-2 de s’amarrer aux récepteurs des cellules humaines, déclenchant ainsi l’infection et agissant ainsi sur la capacité de transmissibilité du variant. 

🧐 Comme le conclut le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, les variants anglais et sud-africain sont plus contagieux, sans pour autant causer des formes plus graves de la maladie. 

🧐 Le variant brésilien est quant à lui considéré comme «une menace très sérieuse», notamment pour sa faculté à muter de nombreuses fois, notamment sur la protéine Spike, augmentant fortement sa transmissibilité. Il possède également une capacité de réinfection (contaminer des personnes déjà infectées par le passé par une autre souche du SARS-CoV-2) de 25 et 61%.

🧐 Selon la présidente de la Haute Autorité de santé, Dominique Le Guludec, les vaccins actuels sont efficaces contre la souche originale et anglaise, mais les données manquent pour affirmer la même chose sur les souches brésilienne et sud-africaine. Certains experts évoquent toutefois une diminution de la protection vaccinale face à ces deux variants.


📒 On prend note : Le temps scientifique est plus lent que celui des médias, et ceci pose particulièrement problème en période de pandémie : des thématiques complexes sont rapidement traitées par les médias, bien avant que les chercheuses et chercheurs n’aient pu parvenir à des certitudes scientifiques, ce qui peut alimenter un climat anxiogène.

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