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Chômage covidé ?

En bref :

Depuis que le décret d’application du second volet de la réforme de l’assurance-chômage a été pris, le 31 mars, partis de gauche et organisations professionnelles s’organisent pour remettre en cause une réforme qu’ils accusent de d’accroître les inégalités.

Qu’est-ce qui coince ? La réforme crée depuis le début des débats sur les inégalités qu’elle pourrait accroître, mais une nouvelle question porte désormais sur le bien-fondé d’appliquer cette loi en pleine crise du coronavirus. 

Les données derrière le débat  : 

🧐 Avec la réforme, les conditions pour bénéficier des droits au chômage seront plus difficiles (avoir travaillé plus de 6 mois dans les 24 derniers mois, contre 4 mois sur 28 auparavant).

🧐 La réforme modifie aussi le calcul du salaire journalier alloué aux chômeurs. Elle conduira à baisser l’allocation de 1,15 millions de personnes (contre 500 000 personnes selon les projections pré-crise), de 17% de sa valeur par mois en moyenne (Le Monde, Les Echos, Unedic). En 2019, l’Observatoire des inégalités soulignait que 40% des chômeurs touchaient moins de 500 euros par mois. 

🤓 En face, la réforme consiste en un système de bonus-malus, selon lequel les cotisations d’une entreprise à l’assurance-chômage sont augmentées ou réduites selon leur recours aux contrats courts. “La philosophie du nouveau calcul du salaire journalier de référence est d’inciter à la reprise d’emplois durables”, explique l’Institut Montaigne. L’étude 2019 de l’Unedic ne parvient pas à avancer de donnée précise sur le comportement effectif des entreprises, puisqu’il ne pourra être que constaté dans le futur.

🤓 La réforme doit permettre à l’Unédic d’économiser 2,3 milliard d’euros par an, pour 54 milliards de dette fin 2020 – à cause d’un fort effet Covid-19. Pour autant, les raisons de son déficit sont aussi débattues : le dernier rapport de la Cour des Comptes pointe qu’il est aussi dû au financement de Pôle Emploi (l’État réduit régulièrement sa subvention, l’Unedic pallie) et aux travailleurs frontaliers (qui cotisent ailleurs mais sont assurés en France) (L’Obs). 

🤔 Ce volet devait être repoussé “tant que la situation sur le marché du travail ne s’améliore pas” selon Le Figaro. Le taux de chômage au 4e trimestre 2020 est à 8%, soit autant qu’au 4e trimestre 2019. Le halo du chômage, lui, progresse (de 1,6 à 1,7 millions de personnes sur l’année 2020) de même que le taux de sous – emploi – Insee, La finance pour tous). 

🤖 Qui s’y intéresse : Selon nos robots chez Flint, l’application de la réforme de l’assurance-chômage intéresse avant tout les syndicats et les partis de gauche et d’extrême gauche, qui appellent à se mobiliser contre. Côté expertises, le sujet rencontre une grande résonance côté politiciens et membres du Haut conseil aux finances publiques.

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