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Non-mixité et universalité

En bref :

Le syndicat étudiant Unef organise des réunions en non-mixité “pour permettre aux étudiant·es touché·es par le racisme [ou le sexisme] de pouvoir expliquer ce qu’elles subissent”, a expliqué sa présidente Mélanie Luce le 17 mars. Le ministre Jean-Michel Blanquer a rapidement dénoncé un projet “ségrégationniste”, et l’épisode s’est soldé par un “amendement Unef” sur le projet de loi contre le séparatisme, visant à permettre la dissolution des associations qui organiseraient ces réunions non-mixtes. 

🤖 Qui s’y intéresse : d’après Flint, la question de la non-mixité intéresse principalement ses opposants politiques (les droites et la gauche universaliste). Le lien le plus partagé, principalement par des tenants du Rassemblement National, de Debout la France et du Parti de la France, est celui d’un article du média russe Sputnik. Parmi les antiracistes, féministes, et groupes de gauche a priori non hostiles aux réunions en non-mixité, la source qui ressort le plus est la chronique humoristique de Waly Dia sur France Inter. 

Qu’est-ce qui coince ? Nouvel acte d’une longue série d’oppositions entre universalistes et tenants de l’intersectionnalité, la polémique cache aussi des enjeux électoraux. 

Les faits : 

🧮 L’Unef organise ces réunions sous forme d’ateliers, environ deux fois par an.

🤓 Les réunions en non-mixité sont une pratique courante, intégrées à l’arsenal militant français dans les années 70 par le Mouvement de libération des femmes. Elles consistent en des rassemblements de personnes d’un même groupe social se considérant discriminé (les ouvrier·es dans une perspective de lutte des classes, les femmes dans une perspective de lutte contre le patriarcat, les personnes non-blanches dans une perspective de lutte contre le racisme, etc) (C ce soir, France 24, Le Monde). Les clubs strictement masculins ou les réunions d’hommes du gouvernement sont aussi des réunions non-mixtes (Le Parisien, France Inter). 

🧐 Candidate PS aux régionales d’Ile-de-France, Audrey Pulvar s’est retrouvée prise dans la polémique lorsqu’elle a déclaré que si des personnes blanches assistaient à des réunions de et sur les problématiques de personnes non-blanches, on pourrait leur demander de se taire (L’Express, Le Monde).

🧐 L’amendement prévu au projet de loi dit “sur les séparatismes” risque en réalité fortement d’être rejeté car contraire à la Constitution (il entraverait la liberté d’association) (Marianne). 

🧐 Après la polémique autour du professeur de philosophie de Trappes puis celle sur l’islamo-gauchisme, c’est au moins la troisième affaire de ce type depuis le début de l’année 2021. La droite et une partie du gouvernement dénoncent chaque fois un supposé séparatisme des mouvances antiracistes – Jean-Michel Blanquer a qualifié ce réunion de “choses qui ressemblent au fascisme”. Ce faisant, ils imposent peu à peu le sujet comme une thématique des campagnes à venir pour les régionales puis pour la présidentielle 2022. 

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