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Mais où est passée l’intelligence artificielle ? – Flint Dimanche #32

Je ne sais pas si tu as remarqué, mais depuis quelques mois, on n’entend plus beaucoup parler de l’intelligence artificielle. Pourtant, il y a encore peu, elle devait dominer le monde, régler mieux que nous les problèmes complexes, et éventuellement un jour devenir plus intelligente que les humains. La crise du Covid-19 aurait du être son moment. Genre, dis-moi Terminator, en attendant de dominer le monde, tu pourrais commencer par le sauver par exemple ? Mais non. Nada. Ou presque, comme tu vas le découvrir.

Alors je ne parle pas des algorithmes, hein, ils font ce qu’ils peuvent avec leurs petits chiffres sans rien demander, je parle des gourous qui « pensent » l’intelligence artificielle, tu sais. Ceux qu’on adore interviewer dans les médias ou inviter dans sa conférence TED locale. Sur LinkedIn on les appelle les « thought leaders » de l’intelligence artificielle.

(Note du traducteur : « thought », veut dire « idée ou une opinion produite par la pensée, ou survenant soudainement dans l’esprit », si tu ne sais pas comment prononcer « thought », tu peux aller voir ici. Et « ‘leader » veut dire « chef de file », ou « premier de cordée » en patois macronien. Tu peux donc traduire « thought leader » par cette description très poétique : « chef de file de l’idée ou de l’opinion survenue soudainement dans l’esprit »).

Tu reconnais le thought leader de l’IA au fait qu’il parle toujours au futur. Il ne parle jamais au présent parce que, soit il trouve ça chiant, soit il ne connait rien au sujet. Bref, tous ces gens, on ne les entend plus. Un peu comme le Sylvestre dans Titi et Grosminet quand il s’éloigne sur la pointe des pieds. Persuadé que personne ne le voit, genre j’ai mis une cape invisible.

A commencer par les géants du Net, qui ont investi des milliards de dollars dans la recherche sur le sujet, mais aussi tous les gourous dont tu regardais les conférences TED en poussant des « oh » et des « ah », comme disait Mylène Farmer, et qui te racontaient la révolution qui va tout changer, ou pas, enfin pas maintenant mais bientôt.

En cherchant un peu, tu tomberas encore sur des billets d’experts ou de consultants inspirés te racontant ce que l’intelligence artificielle sera capable de faire DEMAIN pour lutter contre les pandémies, et que ça va être du lourd. Ok oui mais en attendant ? On fait quoi sur l’urgence du maintenant ?

Alors…

Tiens, on va prendre « Open AI » par exemple, au hasard. Tu ne connais peut-être pas, mais c’est, selon la prestigieuse revue du MIT, le laboratoire le plus en pointe et le plus secret du moment sur l’intelligence artificielle. C’est aussi l’un de ceux qui reçoit le plus d’argent de la part d’investisseurs de la Silicon Valley pour tenter de créer, un jour, une intelligence capable de surpasser l’humain. Moi je dis « wow ». Bon. Qu’ont-ils proposé pendant la crise avec tous leurs milliards ? Surprise !

Le 30 avril, « Open AI » a dévoilé sa nouvelle application. Elle permet à son intelligence artificielle de chanter des chansons avec la voix d’Elvis Presley. Je ne critique pas. Je veux dire, c’est assez cool comme application, surtout qu’elle imite aussi assez bien Bob Marley et Frank Sinatra aussi. Ça s’appelle Jukebox. Tu peux découvrir Jukebox ici.

Sinon pour écouter Elvis Presley version robot c’est là.

Tu vas me dire : noooon, mais c’est tout ? Tu exagères !

Alors oui, c’est vrai. J’exagère un peu. Il y a des exceptions. Je vais y revenir. Mais cette crise aura au moins permis la plus grande opération jamais vue de « débullshitage du bullshit » autour de ces fameux robots qui vont remplacer les humains sauf si c’est la vie de ta grand-mère qui en dépend.

(Note du traducteur : en français, « bullshit », se traduit par « baratin ». En patois macronien, on peut le remplacer par « poudre de perlimpinpin ») (par contre « débullshitage » est un mot qui n’existe pas, tout comme « déperlimpinpiniosation » n’existe pas, mais tu auras compris l’idée générale).

Ce grand débullshitage de l’IA pourrait te rendre triste, toi l’ami des robots. Mais Aurélie Jean te dit que non, au contraire, c’est pour ton bien et pour celui du petit peuple des algorithmes :

« « Impuissante », « inutile » ou encore « inefficace » sont les mots utilisés pour décrire cette IA fortement décevante pour beaucoup, menteuse pour d’autres. Certains articles parlent même de désillusion. Mais c’est oublier un peu vite l’illusion dans laquelle beaucoup d’entre nous baignaient jusqu’à cette pandémie. Un rêve où l’IA serait la formule magique à tous les problèmes et l’outil de tous les espoirs. « 

Aurélie Jean est l’une des spécialistes françaises les plus écoutées sur le sujet, parce qu’également programmeuse d’algorithmes. Elle nous ramène à la réalité. L’intelligence artificielle, ce n’est au fond qu’un gros tableau excel qui permet de faire des projections à partir des millions de données qu’elle a à sa disposition. Des prédictions bien souvent plus justes que celles que pourrait faire un humain. Elle est aussi capable d’apprendre de ses erreurs. Le problème c’est qu’elle est incapable de sortir de son cadre éducatif. Et donc incapable de prédire ces accidents qui prennent régulièrement l’Histoire par surprise. Un peu comme un conseiller du Président, si tu veux : super utile à condition de ne jamais suivre ses conseils en cas de vraie crise. Ou d’en avoir plusieurs qui se contredisent. Comprendre les limites des algorithmes, c’est aussi apprendre à mieux en exploiter le potentiel.

Parce que l’IA a tout de même été utilisée pour accélérer la recherche ou pour aider à détecter la maladie dans la lutte contre la pandémie. Si ça t’intéresse, ou si tu as un rapport à rendre à ton patron sur le sujet, tu peux lire ce papier d’un chercheur australien qui en a listé les applications les plus intéressantes. Difficile cependant de savoir si cet usage a été déterminant ou juste « utile ».

Parce que oui, annonce un autre chercheur, Alex Engler, avec le petit d’air désolé de celui qui te dit qu’il n’y a plus de mousse au chocolat : « L’intelligence artificielle ne nous sauvera pas des coronavirus » . Et il donne un exemple :

« Prenons l’affirmation selon laquelle l’IA a été la première à détecter le coronavirus. L’apprentissage machine est très dépendant des données historiques pour créer des connaissances significatives. Comme il n’existe pas de base de données sur les épidémies antérieures de Covid-19, la grippe aviaire ne peut à elle seule prédire la propagation de cette nouvelle pandémie. De plus, l’affirmation surestime implicitement la capacité de l’IA à nous informer sur des événements énormes et rares, ce qui n’est pas du tout la force de l’IA. »

Alex Engler fait référence notamment à l’histoire de la startup canadienne « BlueDot », dont personne n’avait entendu parler jusqu’à ce que la chaine américaine CBS News n’en fasse la star de son célèbre « 60 minutes ». C’est un « algorithme informatique », pas un humain, qui a été « parmi les premiers à détecter l’épidémie de coronavirus », affirme la chaine avec un certain sens du « tadaaaa » et de la mise-en-scène.

Nous sommes la veille du jour de l’an. Personne ne se doute que 2020 sera l’année du grand confinement mondial. Mais le Dr Khan, fondateur de BlueDot, tandis qu’il buvait tranquillemnet son café Latte, découvre sur son écran les premières alertes de ce qu’on n’appelait pas encore la Covid-19 (oui, maintenant il faut dire « LA Covid »).

En fait l’algorithme a surtout relevé un article d’un média économique faisant état d’une mystérieuse ‘grippe » à Wuhan. Kamran Khan décide d’enquêter. Pourquoi ? Médecin spécialiste des maladies infectieuses, il avait vu un autre coronavirus en 2003 – le SRAS – tuer trois de ses collègues.

Bluedot va ensuite analyser les données des aéroports, au départ de Wuhan, pour prédire l’impact probable sur les villes de ses clients. Ses alertes ont permis à un hôpital canadien et à l’Etat de Californie de mieux se préparer. Mais ils peuvent surtout remercier le Dr Khan. C’est parce qu’il s’était déjà pris une épidémie en pleine figure qu’il a su faire bon usage de cette alerte.

« Si des logiciels ont pu sonner l’alarme, saisir l’importance de l’épidémie a nécessité une analyse humaine », rappelle Alex Engler.

Tu noteras au passage que chez Google, ils n’ont rien vu venir. Chez Amazon non plus.

A ce propos d’ailleurs, la revue du MIT a relevé des comportements étranges chez certains algorithmes. Sur les sites de commerce en ligne, l’intelligence artificielle chargée d’analyser les requêtes des humains pour gérer les stocks, par exemple, ou simplement pour le marketing, s’est retrouvée complètement perdue. Pourquoi ? Parce la situation était inédite.

« Les modèles d’apprentissage machine sont conçus pour répondre aux changements. Mais la plupart sont également fragiles ; ils fonctionnent mal lorsque les données d’entrée diffèrent trop des données sur lesquelles ils ont été formés. »

Ok ok… Mais sinon les robots peuvent-ils nous aider pour la suite où sont-ils définitivement trop cons ? Je veux dire avec toutes ces données qu’on a récupérées, partout dans le monde, on doit bien avoir une idée de la meilleure stratégie à adopter pour la suite ? Je veux dire : est-ce que l’intelligence artificielle ne pourrait pas aider Edouard Philippe à ne pas rater le déconfinement où est-ce que nous sommes maudits à jamais ?

Alors, justement, j’en ai trouvé une tip top pour Edouard Philippe.

Bon, le problème c’est que ces résultats disent le contraire de ce que son gouvernement (et l’Inserm au passage) nous répète à reculons depuis plusieurs semaines. Selon cette intelligence artificielle : tout le monde doit porter un masque, même dans la rue.

Pour obtenir ces résultats super agaçants pour Édouard Philippe, les chercheurs ont même développé un algorithme adapté à la situation : il tient compte de la complexité du phénomène et donc, justement, de sa dimension imprévisible.

​​⚠️Attention, grâce au paragraphe suivant, tu vas pouvoir passer pour un super expert dans ton prochain apéro-vidéo ​⚠️

On appelle cette méthode « neural stochastic differential equations (SDEs) », « stochatique » signifiant « aléatoire ». L’algorithme simule la propagation du virus sur une population virtuelle de 67.000 personnes dont il analyse les interactions en fonction de plusieurs critères, en y intégrant un facteur d’imprévisibilité.

Ses résultats sont donc changeants, mais ils restent sans appel : si 80% de la population porte le masque on peut arrêter la pandémie. Mais si c’est 50%, ça ne sert absolument à rien. Allo Édouard ?

Tu peux vérifier par toi-même en jouant avec l’outil en temps réel, accompagné d’une vidéo du programmeur, De Kai, un ténor de l’IA dans le monde.

Pour être sûr de bien comprendre, j’ai appelé l’un des quatre chercheurs à l’origine de l »étude. Il se trouve que l’un d’eux est français, ce qui ne veut pas dire que son rapport aura plus de chances d’atterrir sur le bureau du premier ministre. Guy-Philippe Goldstein est professeur à l’école de guerre économique de Paris, mais surtout un des meilleurs experts que je connaisse sur la cyberdéfense et sur tous les trucs fascinants que tu as pu voir dans les deux dernières saisons du « Bureau des légendes« . Il est aussi l’auteur d’un thriller haletant que j’ai dévoré durant le confinement. Histoire de détendre l’atmosphère tout de suite, je te propose, en guise d’introduction, d’apprécier son évolution capillaire après 50 jours de confinement. Évolution qui est à la mesure de l’incroyable élasticité de son intellect.

Son analyse de la situation est limpide et va t’enlever pas mal de noeuds au cerveau, tu vas voir. Même si ça risque de t’énerver.

Est-ce que l’intelligence artificielle a joué un rôle clé dans les prises de décision gouvernementales ? Guy-Philippe répond : « Les outils, on les avait. Encore fallait-il se poser les bonnes questions. Si on ne se pose pas les bonnes questions, les outils ne servent à rien . » Voilààààà. Bim. Ça c’est fait

Mieux : dès le mois de janvier, la plupart des experts internationaux avec qui il était en contact étaient déjà en alerte. « Pas besoin de faire appel à l’intelligence artificielle pour comprendre qu’avec un taux de mortalité de 1% et un taux de reproduction de 2,5 ( supérieur à la grippe), pour modéliser ce qui allait arriver. » Re-bim !

Bon, ok, on a été nuls sur ce coup, et maintenant ? « Maintenant on a suffisamment de données aujourd’hui », estime-t-il, « pour identifier les meilleures stratégies parmi les pays qui ont réussi à endiguer l’épidémie« .

Ah cool. Que nous disent toutes ces données ? Eh bien qu’il faut faire tout comme la Corée du Sud. Voilà. Comme ça c’est simple. Pas la peine de convoquer un comité scientifique qui passe son temps à s’engueuler.

Donc on va faire comme la Corée-du-Sud, hein, et après on pourra se concentrer sur autre chose (par exemple changer le monde). Tu vas voir, c’est facile, les recommandations de la Corée du Sud sont au nombre de deux :

1) Le port du masque par plus de 80% de la population.

2) Mais aussi (attention, plus compliqué) : l’application stricte du « Test-Trace-Isolate »

En français de non spécialiste, « Test-Trace-Isolate » veut dire simplement : tester massivement – enquêter sur les contacts passés de chaque porteur du virus – avant d’isoler et de traiter.

A la seule condition, prévient Guy-Philippe, d’être capable de conclure cette enquête en moins de 24 heures. La Corée du Sud a réussi à ramener ce délai de 24 heures à 10 minutes grâce à la technologie et en centralisant les données : GPS du téléphone, mais aussi les utilisations de la carte bancaire. La méthode, très intrusive, et autoritaire (sans le consentement des citoyens), a cependant permis d’enrayer l’épidémie, sans pour autant braquer les Coréens. Pourquoi ? « Parce l’autorité en charge des enquêtes, créée pour l’occasion, était indépendante du gouvernement ». Composée exclusivement de personnels sanitaires, elle était soumise au secret médical. Les données étaient détruites après l’opération, observe Guy-Philippe Goldstein.

« Dans les faits, la Corée n’a pas connu de réduction des libertés publiques. Au contraire : elle a pu tenir des élections législatives parfaitement libres le 15 avril. La participation y a été la plus élevée depuis 28 ans. Non seulement le tracing de masse n’a pas réduit l’exercice démocratique, mais il a contribué à le maintenir pleinement vivant. »

Du coup que penser de l’application « Stop-Covid » prônée par le gouvernement français ? Hum… rien. Probablement une perte de temps.

« À Singapour, l’application n’était disponible qu’aux possesseurs de smartphones et adoptée sur la base du volontariat. Résultat : moins de 20 % de la population l’a adoptée. C’est un échec, de l’aveu même du gouvernement. Et Singapour a connu d’ailleurs une flambée épidémique à la mi-avril, qui l’a forcée à prendre des mesures de confinement à domicile ».

Voilà, Édouard. Alors on arrête de se prendre la tête, on arrête d’inventer des applications chelou qui ne fonctionnent pas. On fait juste tout comme la Corée.

Si toi aussi tu as envie de jouer les premiers ministres et d’identifier la meilleure stratégie grâce aux robots, je te recommande ce site absolument génial, créé par un épidémiologiste et un programmeur. Il t’aide à comprendre comment tout ça fonctionne, de l’impact du confinement jusqu’à l’utilisation des masques. Ses résultats sont assez différents de l’étude dont je t’ai parlé, mais c’est justement tout l’intérêt.

Et sinon, quand est-ce que ça va s’arrêter ?

Oui parce que, bon, ça suffit maintenant.

Alors, tu vas voir, la réponse est assez, hum, étrange.

Pour commencer, les algorithmes ont évidemment une réponse. Les algorithmes ont toujours réponse à tout. Et comme ils sont lâches, ils ne te disent pas « j’en suis sûr », ils te disent « il y a 90% de chances », comme ça personne ne leur fait de reproches. Souviens t’en la prochaine fois qu’on te demandera de faire une promesse. Pense à la tactique du robot.

Donc selon l’intelligence artificielle, la Covid-19 va s’arrêter en décembre. Voilà.

Sauf que non, résume une étude de l’université de Singapour.

« Bien que les prévisions fondées sur la science et les données se veuillent objectives, elles sont par nature incertaines. Une chose est certaine : le modèle, les données et les prévisions sont inexacts et insuffisants pour représenter pleinement les réalités complexes, évolutives et hétérogènes de notre monde. »

Ceux qui sont peut-être les mieux placés pour prédire la fin d’une épidémie, ce sont les historiens. Et que nous apprend l’histoire ? Eh bien que, haha ! Hum… comment dire ?

« Presque tous les experts hésitent à deviner. Bien qu’il y ait des leçons et des modèles au fil des ans, les souches de virus en mutation sont notoirement pleines de contradictions. Cette pandémie est en train d’écrire sa propre histoire », déclare un clinicien australien pas du tout sinistre.

Le célèbre magazine américain The Atlantic, se veut plus pragmatique. Selon lui, il y a trois façons de stopper une épidémie : 

  1. Tous les pays réagissent très vite et en même temps. Bon ça c’est raté.

2) On attend l’immunité de groupe, estimée entre 40 et 70% de la population selon les modèles. Mais c’est au risque de millions de morts d’un coup, ce qui est relou.

3) On fait traîner et on la joue guerre de tranchées en mode cache-cache confinement. A la fin, il y aura peut-être autant de morts mais, disons, euh, étalés dans le temps. Jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin. C’est ce qu’explique un virologiste super déprimant sur le site du World Economic Forum 

 « La pandémie ne s’arrêtera probablement jamais, dans le sens où ce virus est clairement là pour rester, à moins que nous ne l’éradiquions. Et la seule façon d’éradiquer un tel virus serait d’utiliser un vaccin très efficace qui serait administré à chaque être humain. C’est ce que nous avons fait avec la variole, mais c’est le seul exemple – et cela a pris de nombreuses années. « 

Certains historiens ajoutent une quatrième « solution », que j’ai trouvée un peu bizarre au début :

4) L’épidémie s’arrête quand les gens en ont marre.

« En d’autres termes, une fin peut survenir non pas parce qu’une maladie a été vaincue, mais parce que les gens se fatiguent du mode panique et apprennent à vivre avec une maladie. »

En gros, et là tu vas peut-être apprendre un mot, la pandémie peut devenir « endémique » c’est à dire s’installer tranquillou dans le monde de façon permanente, un peu comme la grippe ou le Sida.

Voilà, si tu veux savoir comment ont disparu les pandémies les plus mortelles de l’histoire et réaliser qu’il n’y a pas un seul scénario identique, tu peux lire cet article de la chaîne télé History ou celui de ce site médical britannique « Medical News Today« . Tu verras qu’au XVIIIème siècle, on était même assez inventif en terme de masques.

La bonne nouvelle dans ce constat, c’est que le déterminisme en prend un coup. Le déterminisme, tu sais, c’est cette théorie contre laquelle se battait Jean-Paul Sartre quand il défendait son « existentalisme » (« l’existence précède l’essence« ). Le déterminisme, en gros, estime que nous n’avons pas de libre-arbitre, parce que nous sommes le produit de la somme des données qui constituent notre héritage (historique, social, génétique…). Cette philosophie poussiéreuse est revenue en grâce auprès de nombreux adeptes de l’intelligence artificielle (la branche transhumaniste notamment). Selon eux, tout est prévisible, à condition d’avoir toutes les données. Et la puissance machine qui va avec. Un peu comme le « grand ordinateur » de Francis Lalanne.

Mais peut-être est-ce la normalité qui nous rend, au final, si prévisibles. Parce qu’elle génère ses propres biais de confirmation.

C’est pour cela qu’il est si essentiel de bien s’informer.

Pour être moins prévisible, il faut être mieux informé. Plus nous apporterons de la complexité au modèle, moins il sera prévisible et plus nous nous libérerons de l’espace pour faire des choix.

Tu n’es pas d’accord ?

🎁 Bonus track : Le maître Yoda de la Corée du Sud

Maintenant que tu sais que les Coréens du Sud sont un peu les chevaliers Jedi de la Bataille des Coronavirus, il est temps d’écouter le plus sage d’entre-eux, le professeur Woo-Joo Kim, de l’université de Corée. Dans cette interview sereine et passionnante, il explique tout ce que l’on a besoin de savoir sur la Covid-19, de ses origines à son proche futur. Il pense par exemple que le coronavirus va sans doute prendre des petites vacances cet été, tranquille, avant de revenir à l’automne pour la saison 2.

Selon lui, l’épidémie de fake news a plus d’impact sur la santé des individus que la maladie elle-même. Il recommande aux autorités scientifiques d’être le plus transparentes possible et de communiquer abondamment les faits objectifs à leur disposition. C’est l’absence d’informations qui fait le lit des théories du complot.

Ce billet est un extrait de la newsletter hebdomadaire « Flint Dimanche », qui explore avec toi comment nous pouvons mieux nous informer dans un monde rempli d’algorithmes. Pour la recevoir, abonne-toi à Flint ici. Tu recevras également une sélection de liens personnalisée, envoyée par l’intelligence artificielle de Flint.

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