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Combien coûte une vie sauvée ? – Flint Dimanche #30

Ce matin je vais égayer ta journée en te posant une question horrible. Mais ne me dis pas que tu ne te l’es pas posée. Et si tu ne te l’es vraiment pas posée, peut-être as-tu commencé à l’entendre ça et là. Tu sais, cette question désarmante du genre  : jusqu’où peut-on laisser s’effondrer l’économie pour sauver « quelques » vies ?

Compliqué comme question non ?

L’éditorialiste Christophe Barbier l’a effleurée dans une intervention sur BFMTV le 25 février. Petite re-contextualisation : la France n’était pas encore confinée, et tout cette situation nous semblait encore irréelle. Quelques jours plus tôt, on disait encore du Covid-19 que c’était une « grippette ». Même le professeur Raoult.

Et donc Christophe Barbier pose ça comme ça, tranquille : « Pour sauver la vie de quelques personnes très âgées on va mettre au chômage des milliers de gens ? »

L’animatrice rétorque : « Oui mais la vie n’a pas de prix ».

Christophe Barbier : « Oui, mais elle a un coût ».

Voilà voilà… gros malaise donc. Je sens que tu vois où je vais t’emmener et tu n’as pas du tout envie d’y aller. Mais si, tu vas voir tu vas apprendre des choses étonnantes.

Donc la vie n’a pas de prix ? Mais elle a un coût ? Au fait, c’est quoi la différence entre le prix et le coût ?

Alors après ce passage au pays du grand flou artistique dans l’usage du vocabulaire appliqué aux animateurs télé, je te propose la définition comptable de la différence entre un coût et un prix. Et après on passe à autre chose, promis, mais en riant un peu quand même.

« Un coût peut être défini comme la somme des charges relatives à un élément (produit, activité, fonction…). … Notons aussi, qu’un coût est le fruit d’un calcul, par opposition à un prix qui est le résultat de l’offre et de la demande sur un marché. »

(Source : Université Numérique d’Économie Gestion)

Donc la vie n’a pas de prix (résultat de l’offre et de la demande) mais a un coût (somme des charges). Qu’est-ce que ça veut dire ? Et pourquoi je te prends la tête avec tout ça ce matin alors que tu n’avais rien demandé ?

Parce que voilà.

Imagine toi à un tribunal de la vox populi dans 3 mois. Ou plutôt, mais c’est pareil, à ton prochain barbecue de famille avec respect des gestes barrières et mamie enfermée dans le bureau avec un masque sur le nez. L’épidémie est passée. On comptabilise (chiffre totalement fictif) 30.000 morts, dont 15.000 de plus de 75 ans. La moitié de la France est au chômage. L’autre moitié est un peu moins ruinée mais ne peut pas partir à la plage quand même. Et là il y en aura forcément un, genre ton beau-frère, qui va sortir : bon quand-même, pour sauver la vie de 15.000 vieux, ça nous a coûté combien cette histoire ?

Tu as très très envie de mettre ton poing sur le nez de ton beau-frère à cet instant mais tu ne peux pas à cause des gestes barrières. Et puis vient le soir. Tu t’es brossé les dents, tu as mis ton pyjama mickey plein de taches de gras (vestige du confinement), et tandis que tu attends le sommeil dans ton lit en lisant « A la recherche du temps perdu » (parce que depuis le confinement tu t’es mis à la lecture et tu a choisi ce livre méga-long que tu lis au rythme de 2 pages par jour, autant dire que tu ne le finiras jamais), bref, une fois dans ton lit, cette petite remarque honteuse te reste dans la tête et commence à faire son trou de remarque honteuse, tu sais, un peu humide et froide, mais qui refuse de s’en aller. Et s’il avait raison ?

Pour éviter tout cliché sur la sociologie du barbecue en famille, sache que parmi les militants anti-confinement invités par ton beau-frère, tu as aussi un célèbre journaliste de Libération, Jean Quatremer, spécialiste des questions européennes, qui a déclaré :

« C’est dingue quand on y songe : plonger le monde dans la plus grave récession depuis la seconde guerre mondiale pour une pandémie qui a tué pour l’instant moins de 100.000 personnes (sans parler de leur âge avancé) dans un monde de 7 milliards d’habitants. La grippe saisonnière, qui tue surtout les jeunes enfants, c’est entre 290.000 et 650.000 par an dans le monde. Et tout le monde s’en tape, mais grave ».

Donc le tribunal :

Il a été demandé à la Cour du Barbecue Suprème d’apprécier la proportionnalité de la réponse de la France (ci-après « Le Président« ) à la menace présentée par l’agresseur (ci-après « le Covid-19 »).

Attendu que Le Président a décidé de mettre l’économie à l’arrêt pendant deux mois pour enrayer l’épidémie (ci-après « Le confinement »),

Attendu que l’épidémie a, au final, tué 30.000 personnes (« ci-après « Les morts ») (« dont 15.000 vieux », insiste-t-il, sans préciser pourquoi) (mais en mode : « on se comprend »),

Attendu que « la vie n’a pas de prix » mais qu’elle « a un coût »,

Attendu que, conséquemment au dit confinement, la France a perdu environ 6% de Produit Intérieur Brut (ci-après « le PIB »), soit un total estimé de 141 milliards d’euros, entraînant le pays (ci-après « les acteurs de l’économie ») dans une crise sans précédent,

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE la règle du « Quoi qu’il en coûte », parce que bon ça suffit maintenant. Où sont les merguez ?

« Quoi qu’il en coûte », tu te souviens, c’est la formule du Président de la République le soir où il a annoncé le confinement. Et où il a assumé dans le même temps, sans trop argumenter, mais en fronçant les sourcils, les conséquences économiques de cette décision historique. Ouvrant ainsi une sorte de brèche imaginaire à la fois très perturbante (quoi ? on peut s’endetter à l’infini et yallah ?) et très cool pour tous les utopistes de la planète (donc on pourrait appliquer cette règle à tous les sujets importants de l’humanité ? On en parle du coup ? On se fait un Zoom avec Cyril Dion ?).

La vie n’a pas de prix ? Vraiment ? Dans ce cas à partir de combien de morts gagne-t-elle ce statut de « sans-prix » ? Parce que si la vie n’a pas de prix, alors pourquoi ne pas imposer le confinement à chaque épidémie ? Prends la grippe, par exemple. 8000 morts. Pourquoi n’a-t-on pas imposé de confinement il y a deux ans, quand elle était la plus mortelle ? Ah mais ce n’est pas pareil, vas-tu me dire, le Covid-19 va faire beaucoup plus de morts si on ne fait rien. Alors c’est vrai, entre 300 et 500.000 en France selon le Monde citant un chercheur de l’Imperial College de Londres, ou entre 127 et 279.000 selon l’anthropologue belge Paul Jorion qui a fait propres calculs. Même si ce ne sont que des prévisions mathématiques. Mais admettons. Ok. Donc je repose la question : à partir de combien de morts la vie n’a-t-elle « pas de prix » ?

Si on est capable de dire que 8.000 morts (la grippe) ça va mais que 300.000 ça ne va pas, il faut bien fixer un seuil non ? Alors quel est ce seuil de tolérabilité ? Qui le décide ? Le président de la République ? Son comité scientifique ? Mais comment ? Au doigt mouillé ? 8.000 ça passe, mais 300.000 quand même, non, ça craint tu crois pas Édouard ? C’est comme ça qu’on décide de confiner un pays ou bien ?

Bon peut-être que ça s’est passé vraiment comme ça après tout.

Mais j’ai quand même fait mes recherches pour savoir s’il n’existait pas un outil administratif, caché quelque part, qui permettrait de calculer le prix de la-vie-qui-n’a-pas-de-prix. Et là je suis tombé de ma chaise.

Figure-toi que, contrairement à ce que dit Christophe Barbier, la vie a bien un « prix », en plus d’avoir un coût. Et qu’il y a même des chercheurs qui s’affrontent sur le sujet depuis des années, pour aider les gouvernements à faire des choix. Quand il s’écharpent, ces chercheurs, c’est généralement pour savoir s’il faut tenir compte de l’âge du vivant, de s’il a un emploi ou pas, de si cette valeur varie en fonction de la richesse globale du pays, ou encore de s’il faut aussi prendre en compte le coût des funérailles même si ça pèse peu dans le total. Ça parait un peu foufou raconté comme ça, et même un peu flippant, mais ce n’est pas complètement irrationnel quand on y pense.

Par exemple si tu dois faire un investissement qui va te permettre de sauver 10 vies, mais que cet investissement va te coûter la moitié du budget de ta collectivité et donc t’obliger à licencier du personnel ou arrêter de ramasser les poubelles pas exemple, tu te demandes : est-ce que ça vaut la peine ? Et pour y répondre, même si la vie n’a pas de prix, tu fixes, sans t’en rendre compte, un prix à la vie.

J’ai donc appris que non seulement la vie avait un « prix », mais qu’il y avait aussi une méthode officielle pour la calculer. Même s’il y a un gros débat sur la méthode. Et que ça dépend des pays.

Comment calcule-t-on le prix d’une vie ?

Alors on appelle ça le VVS. La « valeur d’une vie statistique ». Comme ce calcul est à la fois nécessaire et super choquant, on évite en général d’en parler à la télé mais on est bien obligé de le prendre en compte.

Les premiers à y avoir réfléchi, ce sont les militaires américains. Par exemple, rapporte le Monde dans un article fascinant :

« Les améliorations apportées au système d’éjection des avions B-58 coûtaient 80 000 dollars, et permettaient d’augmenter la probabilité de survie de quelques points. Par un calcul, on pouvait en déduire la valeur de la vie d’un pilote. »

En France, on a choisi de confier cette réflexion chelou à un économiste mathématicien dont le nom lui-même laisse rêveur: Marcel Boiteux. Ses propositions ont donc été rassemblées dans un rapport qui s’appelle « le rapport Boiteux ». Voilà.

Alors au début, Marcel Boiteux est resté très, hum, mathématicien. (Même s’il s’est posé en vérité plein de questions sur cette question sans réponse philosophique). La valeur d’une vie ? Facile. On va calculer, en gros, ce que la perte brutale d’un être humain va coûter à la société. Comme il était bien incapable de mesurer cette valeur financière en y intégrant des critères cool comme la gentillesse ou le bonheur que cette personne diffusait autour d’elle, il s’est concentré sur la production. C’est à dire la valeur productive qu’un humain apporte à la société. En gros, c’est sa capacité à créer de la richesse, soit en créant des super produits à vendre, soit en les achetant. Surtout s’il les achète à crédit.

Et donc, en gros, si je résume ces dizaines d’années de travaux et de polémiques mathématiques, la valeur d’une vie c’est environ 25.000€ par an et par humain. Soit, ramené à la taille microscopique de ta vie que tout le monde aura oublié quelques années après ta mort sauf si tu fais beaucoup d’enfants et/ou si tu as publié un livre ou construit un rond-point : à peu près 1 million d’euros pour toute ta vie.

On appelle cette méthode de calcul celle du « capital humain ». C’est elle qui permet par exemple à une entreprise de calculer le montant qu’il raisonnable d’investir dans un employé, par rapport à ce qu’il va ensuite apporter à l’entreprise.

Là tu vas me dire : oui mais alors si je suis jeune, ma vie vaut plus cher non ? Exactement. Par exemple, si tu as 75 ans, compte-tenu de l’espérance de vie moyenne d »‘un Français (82,5 ans), la valeur de ta vie tomberait brutalement à 187.500€. Par contre à cinquante ans, Rolex comprise, tu vaudrais 812.500€.

Comme tu le vois, ce genre de calculs nous amène sur une pente un peu glissante. Enfin, je veux dire, socialement parlant.

Alors les chercheurs ont testé une autre méthode de calcul. Moins discutable. Donc plus consensuelle. Elle s’inspire des mécanismes de l’assurance et des primes pour les métiers dangereux. On l’appelle « la méthode du consentement à payer ». Et elle est bien pratique parce qu’elle fait appel au consensus social. En gros, elle consiste à aller interroger des gens et de leur demander ce qu’ils seraient près à payer pour alléger l’ardoise des morts que l’on pourrait éviter dans un monde parfait.

La logique derrière ce calcul est très bien expliquée dans ce document co-écrit par l’économiste lyonnais Yves Crozet, également spécialiste des transports, qui en révèle la formule simplifiée :

Supposons une mesure capable de réduire le risque d’accident mortel sur la route de 13,3 décès pour 100 000 habitants (soit 8 000 pour 60 millions) à 10 décès pour 100 000. Si un individu exposé à ce risque est prêt à payer pour cette réduction de 3,3 décès pour 100 000, un montant de 33 euros, on obtient VI = DAP / CRO = 33/ 0.000033 = 1 000 000 euros

Et voilà la formule de la vie.

La formule de la valeur de la vie permet aussi de calculer le prix des blessés. Dans ce tableau tu trouveras le prix de la vie d’un Français, (1M€), mais aussi celui d’un blessé grave (150K€) ou léger (22K€). Très pratique.

Tu noteras qu’une sorte de consensus semble se faire autour d’1 million d’euros la vie humaine. Mais en fait non, c’est plus complexe. En 2013, une note remise au premier ministre suggère plutôt de remonter la valeur de la vie à 3 millions d’euros. Les auteurs ne disent pas trop pourquoi le prix de ce « qui n’a pas de prix » a subitement été multiplié par trois, mais il correspond, selon eux, à une sorte de synthèse empirique de toutes les méthodes étudiées dans le monde.

Tu noteras aussi que la valeur de la vie d’un individu varie selon les pays. Par exemple au Japon, ta vie vaut entre 8 et 10 millions d’euros. Aux États-Unis, on serait également autour des 10 millions de dollars, mais moitié moins après 60 ans.

Tout ça n’a évidemment aucun sens, je veux dire pourquoi un Japonais vaudrait 10 millions et un Français seulement 3 ? Mais je te rappelle que l’enjeu, ici, est « d’estimer les gains ou les pertes économiques qui seront tirés d’une décision. » Que cette décision étant politique, elle ne peut s’appuyer que sur un cadre reflétant une sorte de consensus social non-exprimé, mais que l’on déterminerait méthodiquement à partir d’une série de questionnaires (et en copiant aussi un peu sur le voisin).

Revenons donc au confinement et à notre horrible question. À partir de combien de vies potentiellement sauvées un gouvernement doit-il décider de confiner l’ensemble de sa population ? Alors maintenant que nous avons trouvé la formule de la vie, ce seuil est un peu plus simple à déterminer.

Le nombre de vies sauvées par le confinement n’est pas super fiable. Mais nous avons vu plus haut que le nombre de morts estimé en cas d’absence de mesures était entre 100K et 500K. Retenons pour notre exercice la fourchette de 127K et 279K, selon les estimations moins alarmistes de Paul Jorion.

Maintenant ramenons ça à la valeur de la vie (version 2013). Ça fait, tu me corrigeras si je me trompe, 279K morts multiplié par 3M€ la vie = 800 milliards d’euros. Soit le coût de l’épidémie si la France avait fait, par exemple, le choix de « l’immunité grégaire » (théorie selon laquelle il faut laisser le virus infecter plus de la moitié de la population afin de le stopper). 380 milliards si on retient l’hypothèse basse.

C’est bon, tu suis ? Ok. Alors comparons à présent cette ligne que nous appellerons (en hommage à Christophe Barbier), « prix de la vie », à la ligne que nous connaissons déjà plus ou moins, et que nous appellerons « coût de la vie », c’est à dire le coût économique du confinement.

Pour calculer ce dernier, appuyons nous sur l’indicateur générique utilisé par l’Etat pour mesurer la bonne santé économique du pays : le Produit Intérieur Brut (PIB). Les prévisions de baisse de ce PIB sont d’environ 6% (mais certains parlent déjà de,-10% voire -15%). Ce qui nous fait 180 milliard d’euros.

Voilà. Je t’ai résumé les deux scénarios et leurs conséquences en coût et en prix de la vie avec des jolis dessins pas flippants ! Bon évidemment, toutes ces valeurs restent très relatives mais, comme nous l’avons vu la semaine dernière, la notion d’argent même est relative…

Reste la question laissée en suspens par Alain Quatremer : oui mais alors si parmi les 200K morts il y a surtout des « vieux », est-ce que ça ne fausse pas le calcul ? Alors, oui, le dernier rapport de Santé Publique France fait en effet état de 92% de morts de plus de 65 ans.

Reprenons donc, inlassables que nous sommes, notre calculette implacable du prix la vie.

Pour faire ce calcul bizarre (que j’appellerais « calculette du beau-frère »), je prends l’âge médian des Français, 40 ans, et l’espérance de vie, 82 ans. Considérant que le prix moyen de la vie d’un Français est de 3 millions d’euros, rapporté au nombre d’années à vivre d’un Français de 40 ans, ça me fait un prix de l’année de vie de 71K€. Cool de savoir ça non ? Ensuite, hop, calculette, tic tic, ce qui nous fait madame, un total du prix de la vie d’une personne de plus de 65 ans à 1,2M d’euros. Soit 60% de réduction sur le prix de la vie. Tiens, c’est un peu comme la carte vermeil.

Mais alors, insiste le beau-frère en mangeant sa merguez, ça fait quoi en terme « d’effort exorbitant pour sauver quelques vieux » ? Eh bien ça nous fait, attends voir… si l’on retient l’hypothèse haute de 279K vies sauvées, on obtient un coût économisé de 307 milliards pour 256K « vieux » et de 69 milliards pour les 23K « moins vieux », soit un total de 376 milliards d’euros. Par contre avec l’hypothèse basse, ça ne fait plus que 170 milliards d’euros de perte (contre 180 milliards d’euros de perte de PIB dans le scénario confinement).

« Ah je le savais ! Exorbitant, voilà ! » hurle ton beau-frère, expulsant dans le même temps un minuscule morceau de merguez en direction de ton visage.

« Oui, ça ferait 10 milliards d’euros de plus, Jean. Voilà. Bon sinon tu veux qu’on arrête la discussion là ou tu veux qu’on calcule aussi le prix de la vie d’une femme enceinte versus le prix de ta vie de gros con ? « 

Blague à part, en 2016, Libération se posait déjà cette question, au fond assez contemporaine, de la valeur relative de la vie. Au regard, par exemple… d’une hypothétique pandémie.

« L’idée selon laquelle “toutes les vies ne se valent pas” est très difficile à admettre, explique le philosophe Pierre Le Coz. » Ainsi, la vie d’un homme de 90 ans vaudrait moins le coup d’être sauvée que celle d’un homme de 20 ans, comme celle d’un homme souffrant d’une pathologie lourde affectant son bien-être par rapport à un homme en parfaite santé. « J’ai travaillé pour le comité national consultatif d’éthique sur une projection de potentielle pandémie. On devait réfléchir à la façon de s’organiser dans ce cas. Le temps que le vaccin soit produit à grande échelle, on a deux solutions. Soit on choisit un principe de tirage au sort, soit on hiérarchise les individus en fonction de leur utilité sociale. »

Oui, tiens, quelle serait cette fois la valeur d’une vie au regard de son utilité sociale ? Par exemple en ce moment ? Et si dans le monde qui s’annonce la valeur sociale l’emportait sur le reste ? Je te laisse méditer cette question.

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