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Toi aussi comprends le professeur Raoult (version avec sous-titres) – Flint Dimanche #27

Je suis désolé, tu vas m’en vouloir.

Je sais.

Je vais encore te parler du Covid-19. Pire, je vais encore te parler de Didier Raoult et de l’hydroxychloroquine. Mais attends, ne t’en vas pas ! C’est pour t’aider à te sortir cette histoire de la tête.

Je ne suis ni chercheur ni médecin. Je ne vais pas chercher à te dire qui a raison dans cette affaire de fous, digne du meilleur ou du pire des aventures d’Astérix. En fait, comme toi sans doute, j’aimerais juste comprendre. Moi, tu vois, j’aimerais juste ne pas me sentir complètement con à chaque fois que j’entends parler du Dr Raoult et de son institut marseillais qui résisterait encore à l’envahisseur. L’envahisseur étant, hum, je ne sais plus trop. Mais envahissant.

Ça fait donc plusieurs semaines que je me suis mis en mode Raoult: je lis presque tout ce qui se dit et s’écrit sur le sujet, même sur des sites complotistes très bizarres qui m’ont emmené très très loin dans la paranoïa. Au passage, j’ai quand même appris plein de trucs sur les protocoles scientifiques et médicaux. Et j’ai surtout appris que je ne savais rien. Mais j’ai quand même essayé de clarifier mon cerveau qui clignotait dans tous les sens pour arriver à un semblant d’avis rationnel sur la question.

Histoire d’être complètement transparent, j’ai fait tout ce travail de compilation et de rangement mental sous le contrôle bienveillant de mon papa. Comme Didier Raoult, mon père est à la fois marseillais, médecin et chercheur. Mais sans les cheveux longs. Et comme il vit désormais à Grenoble et qu’il n’en a rien à foutre de l’OM on peut considérer qu’il est partiellement objectif sur le volet géographique du dossier. Hum.

Et voici le résultat ! Tu vas peut-être trouver ça un peu long, mais comme ça fait des semaines qu’on en parle pour souvent ne rien dire, je me dis que ça vaut le coup de s’y pencher calmement une bonne fois pour toutes et basta. J’espère que ça te sera utile comme ça l’a été pour moi. Oui, parce que j’ai trouvé des réponses quand même. Prépare tes fiches !

Pour te faire gagner du temps, j’ai articulé mon travail autour de cinq questions simples. Et une réponse par oui ou non.

L’avantage de cette méthode c’est qu’elle te permet de répondre oui à la première question et non à la deuxième, par exemple, sans jamais t’imposer de jugement sur l’ensemble.

(Précision artistique : tous les montages avec la tête de Raoult sont de moi, sauf l’illustration ci-dessous que j’aime bien aussi)

1) Première question : le professeur Didier Raoult est-il le pape mondial de la virologie ? C’est à dire l’un des plus grands virologues du monde ?

Réponse : oui.

C’est important de répondre à cette question parce que c’est en grande partie pour ça que cette histoire énerve tout le monde. Pour l’instant personne n’a osé dire que le Pr Raoult était un charlatan alors que ça en arrangerait beaucoup. Surtout depuis qu’Emmanuel Macron est venu lui rendre une visite surprise.

Tout d’abord : il n’y a pas de méthode scientifique pour classer les scientifiques. C’est un mélange de notoriété (qui est assez subjective), de « coups » (par exemple la découverte d’un truc nouveau), mais aussi du nombre de tes publications.

Didier Raoult cumule tout ça. Et comme il est chiant (et marseillais) il ne rate aucune occasion de le rappeler à ses détracteurs. Dans une vidéo, il rappelle que par exemple que le site « ExpertScape » qui classe les meilleurs experts par domaine scientifique, le propulse en pole position sur le sujet des « maladies contagieuses » (« communicable disease »). Le classement, si j’ai bien compris, se base sur le nombre d’articles publiés. Didier Raoult en publie beaucoup. A peu près une par jour en moyenne, selon Mediapart (2000 entre 2011 et 2016). Le monde comptabilise parle plutôt d’un par semaine, soit un total de « 3 062 articles de recherche publiés dans la littérature scientifique. Un chiffre phénoménal : une grande part des chercheurs publient au cours de leur carrière moins d’articles que le professeur marseillais en quelques mois (plus de trente depuis le début de l’année) ».

On pourrait penser qu’il écrit trop pour être honnête, Le Monde par exemple écrit que parmi ce déluge de publications il y a pas mal de déchets. Mais il y aussi des trésors. La notoriété de Didier Raoult est une forteresse. Il l’a construite sur quelques découvertes majeures, au sens propre comme au sens marseillais du terme. Parce que là encore, il faut lui reconnaitre un certain sens du romantisme. Par exemple Didier Raoult a été le premier à découvrir les « virus géants ». Ce qui est assez classe. Mais en plus il s’est amusé à donner des noms rigolos à ses découvertes microbiennes : il y a par exemple le « Marseillevirus », qui ressemble en gros à ça :

Il a aussi donné son nom à des mini bactéries, comme la « Raoultella planticola » ou la « Rickettsia raoultii ». Chez Raoult, tout est mini ou maxi.

Didier Raoult a reçu en 2010 le grand prix de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Pour l’ensemble de sa carrière. Et en particulier pour sa découverte des virus géants aux noms colorés.

Cette vidéo sympathique est sans doute la dernière de l’Inserm qui dira du bien du Pr Raoult.

Oui, parce que c’est à dire que, entre-temps, Didier Raoult s’est fâché à mort avec le nouveau directeur (Yves Levy, directeur de 2014 à 2018), dont il a accusé la femme (Agnès Buzyn) de conflit d’intérêts. Après quoi ce dernier l’a viré de l’Inserm (pour diverses raisons). Hum.

2) Les études publiées par Didier Raoult sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine sur le Covid19 sont-elles sérieuses ?

Réponse : non.

On pourrait penser que oui puisque c’est le pape de la virologie. Mais non. Mais c’est normal.  Ne t’énerve pas, je t’explique.

Selon ses pairs, les études cliniques publiées par son équipe sur le traitement du Covid19 à l’hydroxychloroquine n’ont aucune valeur scientifique. Dans le sens où elles ne démontrent en rien l’efficacité du traitement qu’il défend sur le coronavirus.

Les articles sur le sujet sont légion. Il t’est inutile de les lire parce qu’ils disent tous la même chose.

Je te résume grossièrement l’idée : comme le Covid19 se guérit la plupart du temps tout seul il est impossible de savoir, sans méthode scientifique rigoureuse je veux dire, si la guérison est due au médicament, à la résilience du malade, ou aux prières de la Bonne-Mère qui, comme tout vrai Marseillais le sait, veille sur la ville et sur toutes ses bonnes âmes.

Je t’ai tout de même sélectionné les articles que j’ai trouvé les moins ennuyeux. Ils te permettront au moins de mieux comprendre ce qu’est une étude scientifique, quelles sont ses méthodes, et pourquoi elles sont importantes pour se rapprocher d’un minimum de certitude et de consensus. Il y a donc celui-ci, en français, publié par un chercheur défenseur de l’esprit critique (la version vidéo est ici sur Youtube). Et si tu as le temps, il y a celui-là, en anglais, écrit par un biologiste devenu journaliste qui déconstruit point par point l’étude marseillaise. Pareil pour les études chinoises. Pareil pour une autre étude tout aussi bâclée qui dit exactement le contraire : que l’hydroxychloroquine n’a aucun effet positif.

Mais en fait on s’en fout.

Enfin, je veux dire par là qu’il n’y a pas (ou plus) de vrai débat entre les scientifiques et Didier Raoult sur le sujet. Je sais, on a l’impression que c’est le débat, sauf qu’ils sont tous d’accord. 

​​C’est juste que Didier Raoult n’arrête pas de les traiter de nuls.

​Didier Raoult lui-même le reconnait (pas qu’il les traite de nuls, mais que son étude n’est pas une vraie étude). Il l’explique en creux dans l’une de ses fameuses vidéos, publiée sur Youtube le 8 avril dernier : 

« Il ne faut pas confondre la médecine et la recherche dans cette affaire. Je suis chercheur, mais je suis aussi médecin ».

Je te mets ici la version non édulcorée coupée au montage : 

« Mes amis, dans cette crise, ce n’est plus le chercheur qui parle, mais le médecin. Mais comme je suis quand même aussi le plus grand chercheur du monde je vous emmerde ».

Et là son cadreur lui dit « mais non Didier, on avait qu’on arrêtait de traiter les autres chercheurs de nuls, ça énerve tout le monde et ça finit par brouiller tout ton message…  »

Lui : « Oh pardon, ça m’a échappé. »

Pourquoi fait-il cette distinction et pourquoi, selon lui, cette différence est-elle importante ? Voici sa réponse : 

« Il s’est creusé un espèce de fossé entre la pratique médicale et des gens qui confondent la pratique médicale et la recherche. A chaque fois vous voyez un malade c’est un malade que vous voyez c’est pas un objet de recherche. Mon premier objectif c’est de soigner les gens.« 

Bon, c’est vrai qu’il ne dit pas clairement que ses études cliniques sont irrecevables. Mais la revue où il a publié son article le reconnait dans une note (tardive, certes). Or il se trouve que cette revue est dirigée par son collaborateur à l’institut, Jean-Marc Rolain. Un autre de ses collaborateurs le reconnait également : oui, les études sur l’hydroxychloroquine ne prouvent rien, d’un point de vue scientifique. Ce sont des données brutes qui lui laissent penser que cette molécule peut être efficace. Et comme le Dr Raoult est médecin et qu’il connait bien l’hydroxychloroquine (pour avoir traité et suivi plus de 4000 patients, déclare-t-il), il l’essaie. Au pire ça marche.

La méthode Raoult est donc juste une posture de médecin :

« Il faut détecter les malades dès qu’on le peut et quand un malade est détecté il faut le traiter avec les médicaments qu’on a, et dont on sait qu’ils ne sont pas toxiques. »

Rien de bien révolutionnaire, au fond. 

Dans un monde normal (sans Internet) et avec un caractère normal (sans goût pour la provocation) Didier Raoult aurait fait son métier tranquillou en distribuant de l’hydroxychloroquine, en expliquant que c’était selon lui la moins mauvaise solution le temps que l’étude « Discovery » donne son verdict quelques semaines plus tard (Discovery, c’est l’essai clinique européen coordonné par l’Inserm pour tester 4 médicaments auprès de 800 patients). 

3) Mais au fait Didier Raoult a-t-il le droit de soigner ses patients comme il l’entend ?

Réponse : Oui.

En France, quand un médicament est autorisé sur le marché, il l’est dans un cadre strict, c’est à dire pour le traitement précis d’une maladie. Cependant, une médecin peut tout à faire prescrire ce médicament pour une autre maladie.

3 alinéa B) Mais, euh, même si les recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament ou du gouvernement sont négatives, ou restrictives (comme c’est le cas dans le cadre du Covid19) ?

Réponse : Oui oui.

Le médecin reste souverain. Il n’en n’est pas moins responsable en cas de problème.

Dans ce cas il doit le préciser dans son ordonnance. On appelle ça une prescription « hors AMM » (hors autorisation de mise sur le marché). C’est tout à fait légal. Il faut juste en informer le patient. Et ce n’est généralement pas remboursé par la sécurité sociale.

4) D’accord, mais est-ce que c’est dangereux de se soigner à l’hydroxychloroquine ?

Réponse : Non.

Mais il y a des effets secondaires.

Rien d’affolant si l’on ne prend en compte que l’hydroxychloroquine (qui était encore vendue sans ordonnance l’an passé), mais plus délicat quand on l’associe avec d’autres molécules. Dans sa note sur ce protocole, l’Agence nationale de sécurité sur le médicament (ANSM) alerte sur le risque cardiaque « fortement potentialisé par l’association d’hydroxychloroquine avec d’autres molécules, comme l’azithromycine, ainsi qu’en raison de troubles métaboliques spécifiques à la maladie COVID-19 (hypokaliémie)« .

Cette semaine, l’ANSM a d’ailleurs rapporté 43 cas de troubles cardiaques depuis fin mars, chez des patients traités à l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine (c’est à dire le même protocole que celui du Dr Raoult). Dont 4 morts « soudaines et inexpliquées ». Prudence donc.

Les statistiques sont pourtant faibles, tempère le professeur Drici, responsable du centre régional de pharmacovigilance de Nice (en charge de l’enquête) :

« Sur la période 1975-avril 2020, soit quarante-cinq ans, 393 cas d’arythmies cardiaques tous azimuts, relatives à l’hydroxychloroquine ont été enregistrés au niveau mondial, dans la base de données Vigibase, et aucun cas de mort subiteEn France, entre deux et trois cas sont déclarés par an avec l’hydroxychloroquine, et en moyenne un avec l’azithromycine .»

Didier Raoult, lui, n’a pas rencontré ce problème. Les données recueillies auprès d’un millier de malades marseillais traités, publiées jeudi dernier par ses équipes ne font pas état de tels incidents.

Chez lui, tout baigne. La chance ? Le talent ? Les deux ? Je pose la question. A tel point que des artisans de la région ont confectionné (pour rigoler) un cierge à son effigie, « Saint Raoult », pour protéger la maison du mauvais sort. Tu peux la commander ici et l’offrir au patron de l’Inserm.

5) Mais alors pourquoi tout ce bordel ?

Réponse : Parce que Youtube, parce que Twitter, parce que Donald Trump, parce que la France, parce que les chercheurs, parce que Marseille, parce que Didier Raoult.

Ce qui est fascinant dans ce feuilleton à rebondissements, c’est qu’il raconte énormément de choses sur le monde d’aujourd’hui. Et sur l’information.

Tout d’abord, le débat qui l’anime semble aussi inextricable qu’absurde parce qu’il s’étale dans le temps. Plus le temps passe, plus les informations changent, et remettent en question ce que l’on avait dit la veille. Un peu comme si un lutin farceur s’était introduit dans cette matrice infernale, et s’amusait à appuyer sur des touches au hasard à peu près tous les jours, histoire de rebattre les cartes et de maintenir le chaos.

C’est comme dans le jeu vidéo Mario Kart. Je ne sais pas si tu y as déjà joué. Dans ce cas tu as peut-être remarqué que ce jeu de courses s’arrange toujours pour que, à tout moment, même le pilote tortue se retrouve tout à coup N°1 alors qu’il se trainait à sa dernière place bien méritée de tortue. L’objectif de Mario Kart, ce n’est pas l’équité, c’est que tout le monde s’amuse. Même si ça énerve les bons joueurs.

Cette « raoultisation » de l’info que nous venons de vivre nous donne une petite idée de ce que à quoi nous pouvons nous attendre dans les prochains mois si nous n’y prenons pas garde. Cette pagaille médiatique et scientifique, accentuée à gros traits par la dictature de l’urgence, en fait un cas d’école.

Comme tu vas le voir, le mistral Raoult est passé par toutes les cases clés du chaos moderne qui agite l’information ces derniers temps.

1. La case défiance généralisée : on nous cache des choses la preuve, même les scientifiques ne sont pas d’accord ! Alors que, nous l’avons vu, la polémique était plus sur la forme que sur le fond.

2. La case « tous pourris » : si Didier Raoult est aussi attaqué ne serait-ce pas parce que les scientifiques sont corrompus par l’industrie pharmaceutique ? C’est ce que suggère cet anthropologue dans la Tribune de Genève alors qu’on ne lui avait rien demandé, contribuant à alimenter la machine complotiste (même si ce n’était pas son objectif).

3. La case théorie du complot et fake news. Je ne vais pas les lister, mais tu peux en trouver quelques unes sur notre nouvelle plateforme spéciale COVID19 ici en cherchant « Raoult » dans « Factcheck ».

4. La case Gilets Jaunes (le retour !), un peu tirée par les cheveux certes, mais qui permet à Michel Onfray qui s’ennuyait depuis quelques mois de faire son come back et de tirer un portrait grandiloquent et romanesque de ce « héros » viking « qui aime la vie », face face à ces « cons » du pouvoir, « qui n’aiment que la mort » (et l’argent, ajoute-t-il).

5. La case climatosceptique (aussi !) quand le site France Info ressort deux billets écrits par Didier Raoult, façon Claude Allègre, en 2013 et en 2014, qui semblent démontrer qu’il est sans doute meilleur virologue que climatologue.

6. La case je me contredis mais on s’en fout tout c’est le chaos. Tout le monde y est passé. Des plus grands experts aux experts rigolos des chaînes d’info, en passant par les autorités qui ont d’abord affirmé « mais non », avant de dire « en fait oui », et ensuite « oui mais ». Jusqu’à Didier Raoult lui-même quand il déclarait qu’il n’y aurait sans doute pas d’épidémie en France (en janvier dernier). Un point sur lequel il tient ferme depuis le début cependant, mais que personne n’a vraiment entendu à cause de tout ce bruit : il faut tester au maximum les malades.

7. La case « Je fais le buzz, je sors un bouquin ». « Epidémies, vrais dangers, fausses alertes », sorti fin mars chez Michel Lafon où il fustige un emballement médiatique qu’il juge disproportionné et écrit que « le risque que le coronavirus chinois change les statistiques de mortalité française ou mondiale est nul« . Pour occuper ton confinement, je te propose un petit jeu : rends toi de temps en temps sur cette page qui recense la surmortalité en France et vérifie si Didier Raoult a toujours raison. Jusqu’ici, à un mini chouïa près, tout va bien.

8. La case, le média c’est moi. Didier Raoult ne communique quasiment plus que sur Youtube ou Twitter. Ainsi que sur le site de son Institut, qu’il a transformé en média en rebaptisant sa section Covid19 « Southern France Morning Post », en hommage au « South China Morning Post« . Un Etat dans l’Etat.

9. La case Eric Cantona, parce que ça le fait toujours.

10. Et enfin la case ultime, la case Donald Trump. Trump c’est un peu la Rolex de l’Internet, si à 50 ans, tu n’as pas été cité par Donald Trump sur Twitter, tu as raté ta vie.

Evidemment, tout ce buzz autour de l’hydroxychloroquine fait un peu de l’ombre aux autres médicaments à l’étude. D’ailleurs sur ce point, Google a tranché, le « Remdesivir » et le Kaletra, tout le monde s’en fout sur Internet . (Tu noteras au passage qu’en France tout le monde dit chloroquine au lieu d’hydroxychloroquine, sans doute parce que c’est chiant à écrire, même si ce n’est pas exactement le même médicament)

Morale de l’histoire : si tu veux vendre tes médicaments demain, tu as intérêt à avoir le professeur Raoult de ton côté. Pour le buzz et le référencement, comme pour le lobbying, c’est le champion du monde.

Et au cas où il deviendrait un jour un héros national, je t’ai fabriqué un petit magnet avec une citation de lui que tu pourras coller sur ton frigo.

Mise-à-jour 22/05/2020 : une étude massive réalisée à partir de données récupérées auprès de 671 hôpitaux sur 6 continents, publiée dans la revue médicale britannique The Lancet, conclut que :

« … nous n’avons pas pu confirmer un bénéfice de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine, lorsqu’elles sont utilisées seules ou avec un macrolide, sur les résultats hospitaliers pour COVID-19. »

(Sinon Macrolide, ça veut dire quoi ? Alors aucun rapport avec Emmanuel Macron. Ça veut dire : « des molécules à propriétés antibiotiques bactériostatique », que l’on peut utiliser en complément avec d’autres molécules par exemple).

Seul problème avec cette étude, c’est une étude dite « observationnelle », comme celles du Pr Raoult, pas une étude clinique, dont la méthodologie communément validée par la profession doit se faire de façon « randomisée en double aveugle » (description ici sur Wikipedia, et explication du pourquoi et de comment on fait si l’étude randomisée n’est pas possible, dans ce document publié par la Haute Autorité de Santé).

Mise à jour 28/05/2020 : The Guardian a publié un article critique sur la méthodologie de l’étude publiée par The Lancet, notamment le corpus de données exploitées.

Ce billet est un extrait de la newsletter hebdomadaire « Flint Dimanche », qui explore avec toi comment nous pouvons mieux nous informer dans un monde rempli d’algorithmes. Pour la recevoir, abonne-toi à Flint ici. Tu recevras également une sélection de liens personnalisée, envoyée par l’intelligence artificielle de Flint.

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